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La lettre 275 de l’UGICT CGT du 12 octobre 2009

mardi 13 octobre 2009, par CGT Educ’Action 94

ÉDITO : LE CASH-FLOW... OU LA VIE

Les chiffres sont accablants et accusateurs : la Caisse
nationale d’assurance maladie (Cnam) a reconnu 28 suicides
comme accidents du travail entre janvier 2008 et
juin 2009, sur 72 demandes de reconnaissance adressées
durant cette période, dont cinq sont encore en cours
d’examen. Les personnes suicidées ayant fait l’objet d’une
déclaration se répartissent à quasi-égalité entre un tiers de
personnes très qualifiées (dirigeants ou professions intellectuelles
supérieures), un tiers de professions intermédiaires,
et un tiers de salariés peu qualifiés (ouvriers,
conducteurs, manoeuvres). Désormais, le gouvernement,
mais aussi le Medef ne peuvent plus ignorer ou minimiser
le mal-être et le stress au travail. Ils ne peuvent plus le
ramener à des faiblesses individuelles de salariés fragilisés
par leur vie personnelle et rendus incapables de supporter
la guerre économique que se livrent les entreprises. L’État
fait figure de mauvais élève et ferait bien de faire le ménage
devant sa porte, tant les entreprises dont il est actionnaire
sont peu exemplaires du point de vue social. D’ailleurs,
comme le souligne la secrétaire générale de l’UGICT-CGT
dans un point de vue dans l’Humanité de ce lundi,
« France Télécom n’est pas un îlot de concentration de
mauvaises pratiques managériales dans un océan de gouvernance
vertueuse ». A telle enseigne d’ailleurs que la
ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a cru bon de
demander dans un courrier aux dirigeants d’Aéroports de
Paris, EDF, GDF-Suez, RATP ou SNCF, (entreprises dans
lesquelles l’État est actionnaire) d’être « exemplaires » en
matière de gestion et d’accompagnement des salariés,
pour éviter des « événements tragiques » comme chez
France Télécom. Elle explique que « la période de tension
économique que nous traversons doit conduire les dirigeants
des entreprises à une attention particulièrement
soutenus en matière de gestion des ressources humaines
 ». La commission des Affaires sociales du Sénat a
annoncé jeudi avoir demandé la création d’une mission
d’information sur le mal-être au travail à la suite de l’audition
fin septembre du PDG de France Télécom. De son
côté, le ministre du Travail a demandé la semaine dernière
à toutes les entreprises de plus de 1 000 salariés d’ouvrir
des négociations sur le stress et d’avoir avancé avant le 1er
février 2010. Mais aucune contrainte financière n’est pour
l’heure annoncée pour les entreprises qui n’engageraient
pas de telles négociations. A défaut d’accord sur le stress,
le ministre demande aux entreprises d’élaborer un diagnostic
et un plan d’action. Il y a donc beaucoup d’agitation
médiatique autour d’un sujet qui met en lumière les dégâts
humains d’un management forcené. Mais on peut redouter
hélas, que ces gesticulations conduisent là-encore à ne
rien changer sur le fond. Or, c’est bien d’un management
alternatif dont il y a besoin. « Il suppose des transformations
profondes tant au niveau de l’organisation du travail
que des stratégies, du fonctionnement et du pilotage de
l’entreprise », insiste Marie-José Kotlicki qui développe
dans cet article de l’Humanité (daté du 12 octobre) les axes
d’intervention que l’UGICT-CGT propose. Il s’agit, notamment,
de refonder l’entreprise, c’est-à-dire passer d’une
société d’actionnaires à une communauté de travail, ce qui
suppose de bâtir des nouveaux outils de gestion orientés
sur la valeur ajoutée et non plus sur le cash-flow. Au-delà
des drames, il y a donc tout un champ revendicatif qui
s’ouvre. A nous d’y porter nos propositions auprès des
salariés qualifiés et en responsabilités.

SOMMAIRE ;

- Sondage : le travail stresse la moitié des salariés
- Missions locales et PAIO : manif numérique pour des salaires décents
- Informatique d’Alcatel : grève contre l’externalisation
- Caisse de retraite des navigants : la CGT menace d’une grève en cas de réforme
- Radio France Internationale : c’est à l’État de reprendre la main pour dénouer le conflit
- EasyJet : jugement le 22 janvier pour travail dissimulé
- Philips EGP (Dreux) : fermeture du site confirmée
- Valréas (Vaucluse) : le tribunal administratif ordonne la réouverture de la maternité
- Cadres de la fonction publique : un grand pas en avant dans l’individualisation des salaires
- Médecine du travail : la CGT ne signe pas l’accord
- British Airways : la compagnie se déleste de 1 700 navigants
- Emploi : alerte rouge

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