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Un article de L’Humanité (jeudi 24 septembre 2009) sur la mobilisation de la CGT Educ’Action en faveur des précaires de l’Education

Professeur et variable d’ajustement

L’académie de Créteil compte 2500 enseignants non-titulaires. La CGT-Educ’action propose une titularisation sur la base de l’expérience acquise.

jeudi 24 septembre 2009, par CGT Educ’Action 94

Vacataires, contractuels et maîtres auxiliaires de l’éducation nationale de l’académie de Créteil, ils étaient hier une grosse cinquantaine réunis à la Bourse du travail de Saint-Denis, à l’invitation de la CGT-Educ’action.

J. F. est enseignant en BTS de production audiovisuelle au lycée Evariste Galois INA de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). Il a en poche un bac+5 et une expérience professionnelle de directeur de production et autres emplois d’intermittent du spectacle. Ses compétences et son professionnalisme en font un professeur apprécié depuis cinq ans. Son salaire, heures supplémentaires et diverses activités pédagogiques incluses ? 1500 euros net. Une erreur ? Non, J. F. est contractuel. « C’est une humiliation d’être ainsi payé », lâche-t-il, avant de préciser que, contractuel, il ignore chaque fin d’année scolaire si, en septembre, il retrouvera son poste.

« Le nombre de non-titulaires augmente dans l’éducation nationale, c’est un pur scandale ! » C’est contre cette tendance que la CGT-Educ’action réunissait hier ces enseignants. Selon Jean-Pierre Blanchouin, responsable syndical, l’académie de Créteil ne compte pas moins de 2500 enseignants précaires. que 350 d’entre eux bénéficient d’un contrat à durée indéterminée ne leur garantit ni l’emploi ni le salaire. Le licenciement éventuel est inscrit dans le contrat que chacun d’entre eux a signé.

Selon le syndicat -le rectorat se refuse à donner des chiffres-, une centaine de nouveaux contractuels ont été recrutés lors de cette rentrée alors que 200 à 300 enseignants restaient en attente d’un renouvellement de contrat. Mais ce qui inquiète plus encore la CGT-Educ’action, c’est que l’avenir pour tous ces précaires reste bien sombre : en fait, aucune titularisation n’est envisagée hors une réussite aux concours. Et le taux de réussite à ces concours est ridiculement bas. Marie -un prénom d’emprunt tant elle craint les réactions de son administration- est documentaliste depuis quatorze ans mais a le statut de maître auxiliaire. Elle a échoué au concours, pourtant, dit-elle, « je suis une professionnelle dont on reconnaît les compétences. chaque année, mon chef d’établissement le réaffirme ».

Pour tous, la CGT-Educ’action prône la titularisation sur la base de l’expérience acquise. « ll faut un vrai plan de titularisation », assure Jean-Pierre Blanchouin.

Dany Stive

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