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Education Nationale - Extrait d’article issu de l’Humanité.fr

Pas de changement de « cap » pour Luc Chatel

Sans surprise, le successeur de Xavier Darcos a réaffirmé, hier, qu’il poursuivra les réformes engagées depuis deux ans.

jeudi 3 septembre 2009, par CGT Educ’Action 94

« Je maintiendrai le cap. » Pour sa première conférence de presse de rentrée, Luc Chatel n’a pas joué l’effet de surprise. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale a réaffirmé, hier, qu’il ne dévierait pas d’un iota des réformes « voulues par le président de la République ». Suppression de postes, formation des enseignants, réforme du lycée… Sur tous ces sujets, le locataire de la rue de Grenelle s’est inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur, Xavier Darcos.

« L’écoute, l’échange, pour moi, ce n’est pas une posture », a affirmé le toujours porte-parole du gouvernement, brocardé pour son goût de la com. Ajoutant aussitôt : « Mais soyons clairs, écouter ce n’est pas renoncer à ses convictions, ce n’est pas renoncer à l’action. Je ne serai pas le ministre du statu quo. » Les syndicats d’enseignants qui espéraient, sans trop y croire, de Luc Chatel un changement de fond en seront pour leurs frais.

Sur le lycée, le ministre a réaffirmé qu’il préciserait les « grandes lignes » de la future réforme d’ici à la fin septembre, malgré le scepticisme des acteurs de l’éducation qui jugent le délai trop court. Idem pour les suppressions de postes - dont il n’a pas dit un mot dans son discours officiel ! Si Luc Chatel admet que la crise économique actuelle « révèle le besoin d’investir dans l’éducation », il n’entend pas moins poursuivre la fonte des effectifs - 13 500 en cette rentrée, 16 000 l’an prochain -, assurant, sans rire, que son ministère « s’adapte aux situations locales » et aux « évolutions démographiques », afin que le taux d’encadrement demeure le même.

Pour le reste, le ministre n’a pas franchement brillé par sa maîtrise des sujets. La rentrée se fait-elle avec 870 000 enseignants, comme il l’a dit au début de son discours, ou bien avec 825 100, comme l’indique le dossier de presse ? Combien y a-t-il d’enseignants remplaçants non affectés sur des postes ? Combien d’établissements « ghettos » fermés après l’assouplissement de la carte scolaire ? Combien de suppressions de postes en lycée ? À toutes ces questions, Luc Chatel a poliment renvoyé vers Jean-Louis Nembrini, le directeur général de l’enseignement scolaire, assis au premier rang. Pas vraiment rassurant.

Rayon boutades, Luc Chatel a assuré qu’il ne serait pas « le ministre des réformes cosmétiques ». Ajoutant : « La cosmétique, j’ai donné dans une autre vie », en référence à ses années de DRH chez L’Oréal avant d’entrer en politique. Pas sûr que les bons mots suffisent à détendre les syndicats avec qui les relations risquent de se tendre rapidement (...)

Laurent Mouloud
01/09/2009

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