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Le butane s’invite sous la marmite sociale

La lettre 269 de l’UGICT CGT du 20 juillet 2009

mardi 21 juillet 2009, par CGT Educ’Action 94

Edito : Il faut croire que seules les actions qualifiées de « radicales » intéressent
véritablement les médias. Comment comprendre en effet le
silence assourdissant qui entoure la plupart des plans sociaux. Dans
la trop longue liste des annonces de sites qui ferment, qui se délocalisent,
qui licencient, bien peu font l’objet d’un traitement médiatique
et surtout d’une véritable analyse. Comme si l’actualité sociale devait
se résumer à la communication complaisamment relayée des entreprises
ou aux actions revendicatives spectaculaires. Les médias
découvrent le caractère « explosif de la situation » parce qu’ils voient
des bonbonnes de butane, alors que les mêmes glosaient il y a peu
sur l’essoufflement du mouvement social en jaugeant les seuls chiffres
de manifestants. Après une prétendue mode des séquestrations
de dirigeants (restée bien marginale eu égard au nombre d’actions
revendicatives), voilà que la tendance serait aux bouteilles de gaz. Le
mérite de telles actions c’est de crever l’écran et c’est exactement
pourquoi les salariés y ont eu recours ces derniers temps. Avec quelques
succès d’ailleurs puisque ceux de Nortel ont déplacé en masse
les journalistes et contraint le ministre chargé de l’Industrie, Christian
Estrosi, à sortir du bois. Cette affaire a non seulement surpris par son
caractère radical, mais aussi par le fait que les salariés en question
sont des ingénieurs et cadres, dont on répète à l’envi qu’ils ne sont
pas des pros de la grève ni du syndicalisme. Comme pour faire croire
qu’ils feraient partie d’un autre monde. D’une certaine manière, ce
conflit a le mérite de montrer combien ces salariés qualifiés et en responsabilités ne sont pas les cohortes dociles qu’on nous dépeint, pas
plus qu’ils ne sont épargnés par le tsunami social provoqué par la crise. Ce qui est frappant dans les premières images diffusées de ce
conflit, c’est l’absence de syndicats… ce champ de croix
plantées devant l’entreprise portant les noms et les
fonctions de ces ingénieurs et cadres. Un conflit qui
démarre par la mise en scène d’un enterrement…Voilà
qui frappe les esprits mais qui ne fait pas mystère d’un
profond désespoir et qui renvoie à la seule dimension
de l’indemnisation du préjudice. Gouvernement et
patronat jouent de ces situations avec un certain
cynisme. La question posée n’est plus en effet celle de
la politique industrielle, celle des emplois, mais juste
celle de l’indemnisation extra légale d’un préjudice.
C’est d’autant plus vrai que les victimes se sentent
flouées, cocufiées par des directions d’entreprise qui
prennent leurs ordres ailleurs, Outre-Atlantique, par
exemple. Le cynisme est bien de mise en effet car dans
le même temps où se négocient les indemnisations avec l’intervention du ministre chez Nortel, l’État poursuit 7
salariés et syndicalistes de Continental pour des dégradations dans un conflit qui lui aussi portait sur l’indemnisation
des licenciements. Àcroire que l’on préfère des victimes sans représentation syndicale ou si peu. Tout cela
en dit long sur la qualité ou tout simplement l’absence du dialogue social, tant dans l’entreprise que dans les
branches, sur les territoires et au niveau national interprofessionnel. Dans cette période, le besoin de syndicalisme
ne se dément pas, bien au contraire.

Sommaire :

- Avignon
Les professionnels du spectacle réclament un plan de relance
- Temps de travail
La durée effective a augmenté pour tous et davantage pour les cadres
- Emploi
Légère reprise des embauches mais en CDD
- Ingénierie, informatique
Les syndicats rejettent l’accord avec l’État sur le chômage partiel
- Thales Avionique (Gironde)
L’intersyndicale interpelle le président de la République
- Propos « off » de Sarkozy
Une journaliste encore convoquée, préavis de grève
- Transport aérien
Sombres perspectives pour l’emploi dans le secteur
- Livret A
La CGT dénonce l’estocade de la baisse du taux
- Plans sociaux
Un douloureux inventaire qui confirme l’impact social de la crise

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