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Vos droits

Refusons « l’oral de rattrapage » du bac-pro

Tract de la CGT-Educ’action

lundi 29 juin 2009, par CGT Educ’Action 94

Epreuve de contrôle : des modalités inacceptables !

Pour éviter les mauvaises « surprises » de sa réforme du bac pro qui réduit d’un an la formation des élèves, le ministre a créé, sans aucune concertation, une épreuve qui permet d’ajuster les résultats du baccalauréat professionnel.

Nous ne sommes pas opposés au principe d’une épreuve de rattrapage pour les candidats des bac-pro. Mais les modalités de cette épreuve de contrôle, fixées par le ministère, sont inacceptables ! L’épreuve consiste en un « entretien, d’une durée de vingt minutes, avec une commission composée d’une part, d’un professeur d’enseignement général, enseignant en lycée professionnel et, d’autre part, d’un enseignant de la spécialité concernée ou d’un membre de la profession intéressée par le diplôme ».

Le candidat sera reçu si la moyenne de cette note, donnée à l’issue de l’entretien, et la moyenne des notes du premier groupe, est supérieure à 10. Autrement dit, la note d’entretien de contrôle a le même coefficient que la totalité des coefficients des 7 autres épreuves ! L’objectif attendu de cet entretien est des plus flous. Le candidat devra fournir un document en lien avec son expérience en entreprise énumérant les activités et compétences acquises ainsi que les produits et matériels utilisés. Le jury devra vérifier les « connaissances et compétences » présentes dans le « référentiel de certification de la spécialité ». Aberrant : un candidat en échec dans les matières composant l’enseignement général ne sera donc pas évalué sur celles-ci mais sur un résumé d’expérience professionnelle : c’est une véritable remise en cause des matières générales. 20 minutes pour réussir ou échouer au bac dans ces conditions ce n’est pas acceptable, ni pour les élèves dont le diplôme est bradé, ni pour les examinateurs qui en auront la responsabilité.

Il est normal que les élèves de la voie professionnelle bénéficient aussi de la possibilité de passer une épreuve de rattrapage pour le baccalauréat. En aucun cas elle ne doit se substituer à l’évaluation globale de l’ensemble des matières professionnelles et générales. Rattraper un candidat qui a « raté » une ou deux épreuves oui, mais cela doit se faire par une nouvelle évaluation qui s’intègre à d’autres.

La mise en place d’un oral de rattrapage doit nécessairement s’accompagner d’une révision totale des modalités d’examens. Plutôt que de revaloriser le bac professionnel, les modalités des examens actuellement prévues (CCF + épreuve de contrôle) vont entrainer une dévalorisation du diplôme.

La CGT-Educ’action demande au ministère de surseoir à l’épreuve de contrôle. Elle propose aux jurys de faire le travail de rattrapage des élèves sur la base du livret scolaire.

En conséquence, la CGT Educ’action appelle :

- les enseignants à exprimer leur refus et à signer la pétition pour exiger d’autres modalités permettant de valider correctement les connaissances et les compétences.

- Les jurys de baccalauréats, qui ont connaissance des dossiers scolaires des élèves, à décider de l’admission définitive ou de l’ajournement des candidats à partir de l’examen des livrets scolaires (pour ceux ayant entre 8 et 10

La CGT Educ’action appelle également les collègues convoqués à refuser de participer à l’épreuve de contrôle. Les organisations syndicales CGT, FSU et SUD ont déposé un préavis de grève couvrant tous les personnels.

La CGT Educ’action demande l’ouverture de négociations sur l’oral de rattrapage et sur l’ensemble des modalités d’examen et de certification.