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Journée d’action nationale interprofessionnelle, unitaire, du 26 mai 2009

Intervention de Frédérique Dupont, SG de l’Union départementale de la CGT 94

mardi 26 mai 2009, par CGT Educ’Action 94

La crise est mondiale et les luttes se développent sur tous les continents et en Europe tout particulièrement. A quelques jours des échéances électorales européennes du 7 juin, alors que le gouvernement, la droite, entendent mener leur campagne sur le thème de la sécurité, il y a tout lieu de rappeler que les salariés, eux, se mobilisent et agissent partout sur les questions sociales. Et oui, avant de revenir sur ce qui nous réunit aujourd’hui, je tiens à rappeler que la Cgt dans sa déclaration confédérale appelle les salariés à voter pour des représentants à même de défendre les objectifs du progrès social au parlement européen et, de ce point de vue, l’abstention est notre pire ennemi. Pour la Cgt, l’enjeu est donc d’élire le maximum d’élus soucieux des intérêts et des revendications des salariés. Plus que jamais, la Cgt pense qu’il faut renforcer la dimension sociale de l’Europe ; mettre fin au dumping social et fiscal et mettre fin à la précarisation .du travail

En Autriche, les 14 et 17 avril, ce sont les salariés du secteur de la santé et de la protection sociale qui se sont mobilisés ! Tiens donc ! Eux aussi, ils ont quelques soucis dans ce secteur là ; En République Tchèque, c’est la réforme engagée du code du travail qui suscite mécontentement et appelle les salariés à se mobiliser. Ah bon, alors les salariés tchèques rejettent eux aussi, toutes les réformes qui accroissent la flexibilité ? Tiens, comme les salariés français, les tchèques ont des réformes qui leur restent à travers la gorge. En Hongrie, c’est pas la fête non plus : les six confédérations ont appelé à deux temps forts de mobilisation les 29 avril et 1er mai pour défendre les services publics, les retraites , la santé et les salaires. Tout comme nous !

La Confédération européenne des syndicats a initié quatre euro-manifestations, toujours autour de la thématique « la crise c’est eux, la solution c’est nous ! », le 14 mai à Madrid, le 16 mai à Berlin et Pragues et le 15 mai, à Bruxelles, manifestation à laquelle des militants du Val-de-Marne ont participé.

En France, comme en Europe, la crise à laquelle nous faisons face continuent à faire l’objet d’une bataille idéologique qui visent à la réduire à des « dérapages » ou à rechercher des causes externes aux politiques gouvernementales et patronales. C’est mensonger. Si nous sommes rassemblés, ici ce soir, après une journée revendicative sur tout le département, c’est pour réaffirmer, ensemble, que la crise actuelle est structurelle.

Et, comme un mensonge en cache toujours un autre, certains n’hésitent pas à faire entendre la petite musique de la reprise affirmant que le pire serait derrière nous ! Les salariés le savent, les syndicats le disent : nous sommes bien en récession et la situation continue de s’aggraver : 3 000 chômeurs de plus par jour ! C’est le coût humain et social de la récession. L’INSEE annonce une récession de 1,3 pour le premier trimestre. Et cela ne s’arrête pas, bien au contraire. Les entreprises multiplient les annonces de suppressions d’emplois, de fermetures de sites – de restructurations et de délocalisations avec le cortège de pertes d’emplois qui va avec. Les salariés et syndicats de Sanofi-Aventis à Vitry, de l’imprimerie le Monde à Ivry, D’Air France et d’ADP à Orly en ont témoigné tout au long de cette journée et dans leurs actions quotidiennes à l’entreprise. Et puis, malheureusement, dans le Val-de-Marne comme partout en France, il y a toutes celles et tous ceux que l’on licencie et qui sont dans l’incapacité de se défendre. Je pense aux salariés en CDD, les salariés des petites entreprises, des commerces, les salariés sans-papiers, et bien d’autres situations encore…

Partout, dans le Val-de-Marne comme ailleurs, de plus en plus de salariés n’arrivent plus à vivre du fruit de leur travail en raison des bas salaires, de la précarité. La situation de ces hommes, de ces femmes, jeunes, retraités ou privés d’emploi est d’autant plus aggravée qu’ils n’arrivent plus à accéder aux soins et à la santé, au logement, au transport, à l’éducation, etc…Une nouvelle fois, tout indique que si nous ne faisons rien, la crise accentuera les situations de pauvreté particulièrement chez les jeunes et les retraités. C’est pourquoi, l’union syndicale des retraités Cgt du Val-de-Marne ont appelé à répondre présents au rassemblement de ce soir et qu’ils se sont inscrits dans toutes les initiatives locales qui ont caractérisé cette journée de lutte dans le Val-de-Marne : à Villejuif, Villeneuve-Saint-Georges, Créteil, Ivry, Vitry, Fontenay sous Bois, Rungis, Orly, Arcueil, Gentilly.

Et que font le gouvernement et le Medef face à la gravité de la situation économique et sociale ? Ils appellent à l »unité nationale » ! Sarkozy et son gouvernement essaient de faire croire qu’ils prennent des décisions qui marqueraient une rupture par rapport aux orientations ayant guidé l’action publique.

Le signe d’une vraie rupture serait de faire tomber le bouclier fiscal !

C’est pas cela qui est à l’ordre du jour. Nous voilà avec un ministre du travail qui annonce un projet de loi sur le travail du dimanche pour le tout début juillet. On le sait, les mauvais coups c’est toujours en été. Le précédent, rappelez-vous, c’était celui sur le service minimum ou encore, celui sur le temps de travail, les 35 heures. Cette année, le gouvernement et Sarkozy vont encore relayer et accéder au vœu du Medef. Le projet de loi annoncé par Hortefeux c’est concrétiser la volonté patronale de modifier de plus en plus l’organisation du travail en déréglementant le temps de travail, les heures supplémentaires, l’âge pour les départs en retraite.

La Cgt refuse ce projet de loi !Et la Cgt le combat. « Le dimanche, c’est pour nous » tel est notre revendication qui s’accompagne d’une pétition nationale que l’on entend faire signer par le plus grand nombre possible de salariés de tous secteurs . En effet, la généralisation du travail le dimanche, dans quelque secteur que ce soit, constituerait une aubaine pour l’étendre à l’ensemble des secteurs d’activités. C’est pourquoi, la Cgt appelle les militants, les syndiqués, à faire signer massivement cette pétition dans les entreprises et sur les lieux publics parce qu’elle souhaite recueillir des milliers de signatures et les remettre au gouvernement fin juin avant même que le texte de loi soit présenté à l’assemblée nationale tout début juillet. L’objectif de cette campagne nationale est d’atteindre les 300 000 signatures. Dans le Val-de-Marne, nous en avons déjà recueilli 800 ! On peut s’y coller de nouveau pour en recueillir 800 supplémentaires.

En cette période de récession économique, la confiance des salariés se tournera du côté des alternatives qui construisent une nouvelle place accordée au travail, à sa valorisation par le salaire, une nouvelle place accordée à la démocratie sociale et au développement humain durable.

En ce sens les exigences contenues dans la plateforme commune des 8 organisations syndicales du 5 janvier constituent une base solide. Pourtant, des experts de tout poil et de tous bords ne cessent de prédire voire de tenter la division syndicale. Que ne lit-on pas sur cette nouvelle journée d’action. ! Ce 26 mai serait une manière pour les organisations syndicales d’en rabattre ; d’éclater l’unité syndicale … Le journal « les échos » feraient même croire que Bernard Thibault serait le syndicaliste préféré de Sarkozy ! Allons bon… Et puis quoi encore ? Ce type de campagne médiatique vise seulement à créer de la suspicion et de la division entre les organisations syndicales, entre les salariés et les organisations syndicales notamment la Cgt qui fait un carton en matière d’adhésions – près de 21 000 adhésions nouvelles – , entre syndiqués de la Cgt en visant ceux qui doutent sur notre capacité à créer un rapport de forces durable et capable de peser sur les choix gouvernementaux et patronaux.

Tous ces experts de tout poil et de tous bords, tous ces journaux, sont bien embêtés depuis ce matin. En effet, les 8 organisations syndicales se sont réunies hier et ont élaboré une déclaration commune dans laquelle elles annoncent les sujets sur lesquelles elles exigent l’ouverture de négociations avant la fin juin. C’est plus que le prolongement de la plateforme commune ; c’est inédit lorsque l’on songe que, pour la première fois, elles placent ensemble les augmentations de salaires au centre de leurs exigences.

La Cgt transformera les termes de cette déclaration commune en pétition nationale sur le thème « Je signe la pétition et je participe aux manifestations le 13 juin prochain ». Pour contraindre, gouvernement et patronat à ouvrir des négociations sur les thèmes revendicatifs portés par les 8 organisations syndicales, il va nous falloir tout l’été, organiser des initiatives sur les lieux de travail, zones d’emploi et zones commerciales, lieux publics, pour recueillir des centaines de milliers de signatures afin d’élargir encore le nombre de celles et ceux qui se mobilisent et agissent, pour faire grandir encore le rapport des forces. Sur le champ de l’action, il n’y aura pas de trève estivale : celles et ceux qui seront présents relaieront celles et ceux qui prendront des congés bien mérités. La Cgt sera sur le pont tout l’été.

Pour tous les experts de tout poil et de tous bords qui ne manquent pas de discréditer le mouvement engagé depuis le 29 janvier, c’est un sacré revers. En effet, c’est bien le rapport des forces qui obligent le Medef à rencontrer les organisations syndicales, le 27 mai, pour décider des thèmes sur lesquels ces dernières veulent négocier alors même que Laurence Parisot n’en voulait pas, n’en voulait plus. C’est bien le rapport de forces créé depuis le 29 janvier qui contraint le gouvernement à rencontrer de nouveau les organisations syndicales en juin pour évaluer les résultats du sommet social du 18 février. Sarkozy, rappelez-vous, à la veille du 19 mars, annonçait qu’il ne reverrait plus les syndicats car il n’y aurait pas d’autres propositions que celles présentées le 18 février.

C’est sûr, nous ne sommes pas dupes et pour la Cgt, l’évaluation sera vite faite : 0 pointé pour le gouvernement et le patronat. La CGT s’y présentera avec sa valise pleine des revendications que nous portons sur l’emploi, le smic, les salaires et les minimas sociaux, sur la sécurité sociale et l’hôpital public, sur les services publics et contre tous les démantèlements et privatisations des grandes entreprises publiques. Oui, la Cgt se présentera aux rendez-vous : offensive et déterminée, sans rien lâcher de ses exigences sociales.
C’est à l’appel des 8 organisations syndicales du département , que les salariés se sont réunis, aujourd’hui 26 mai, sur les lieux de travail et zones d’emploi, dans les localités, qu’ils soient du secteur public ou privé , et porter ensemble, solidaires, leurs revendications pour :

- relancer la négociation salariale dans les branches mais aussi dans les entreprises ;
- pour l’augmentation des salaires, du pouvoir d’achat et réduire les inégalités ;
- pour l’amélioration des garanties collectives ce qui inclut le retrait de la proposition de loi sur le travail du dimanche, l’arrêt des déréglementations du temps de travail et le maintien des 35 heures
- le maintien dans l’emploi de tous les salariés par une véritable sécurité sociale professionnelle ;
- des transports en commun de qualité et adaptés aux besoins des salariés et des usagers
- une véritable politique du logement par une construction massive de logements sociaux économiquement accessibles
- des services publiques de qualité
- des services publics de qualité avec un accès égal pour tous
- le gel des suppressions de postes dans la fonction publique
- le retrait de la loi « Bachelot » et pour une autre réforme de l’hôpital public au service des populations

Nous n’en resterons pas là ! D’autres rendez-vous d’action sont déjà engagés. Comme je le disais plus haut, les huit organisations syndicales se sont mises d’accord, hier soir, pour faire des propositions et demander l’ouverture de négociations qui place le social au cœur des réponses à la crise.

Pour cela, ensemble, elles exigent du gouvernement :

- la revalorisation du SMIC, des minimas sociaux, des pensions et des retraites, le conditionnement des aides publiques, tout allègement de cotisations sociales à des contreparties mesurables en matière d’emploi, de qualification et de rémunération ;

- de mettre en œuvre un plan ambitieux en faveur de l’emploi et de la qualification des jeunes ;

- de prolonger l’indemnisation des demandeurs d’emploi en fin de droit et donner à Pôle emploi les moyens nécessaires à l’accompagnement personnalisé des demandeurs d’emploi.

- de supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires et le bouclier fiscal, mettre à contribution les stock-options au titre de la solidarité, consacrer ces ressources nouvelles au financement des mesures sociales ;

- renoncer dans les fonctions publiques aux suppressions d’emplois prévues en 2009, s’engager à résorber la précarité et tenir ses engagements en matière de négociations salariales. Ce sont des conditions pour des services publics de qualité qui répondent aux besoins de la population.

Le patronat, quant à lui, doit enfin assumer ses responsabilités et engager des négociations sur :

- les politiques de salaires, les politiques industrielles, les rapports donneurs d’ordre-sous-traitants, pour maintenir et développer l’emploi et résorber la précarité,

- un accès facilité pour tous au chômage partiel, l’amélioration de la durée et du niveau de son indemnisation, associés à des formations qualifiantes,

- la répartition et la redistribution des richesses produites dans les entreprises, l’amélioration des salaires et la réduction des inégalités notamment entre les femmes et les hommes, la reconnaissance des qualifications, l’utilisation des aides publiques au bénéfice de l’emploi,

- le respect et l’amélioration des droits syndicaux et des institutions représentatives du personnel

C’est sur ces revendications, avec des milliers de signature portées par la pétition nationale de la Cgt, que nous serons tous dans la rue, encore plus nombreux que le 1er mai, le 13 juin prochain parce que la crise sociale c’est eux et que la solution passe par nous !