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Pour l’abrogation de la loi Fillon

Motion votée au Congrès de l’Union Nationale CGT-Educ’Action - 14 mai 2005

mardi 17 mai 2005, par CGT Educ’Action 94

L’UNSEN-CGT, réunie en congrès du 9 au 13 mai 2005, confirme ses analyses concernant la loi d’orientation pour l’école.
Cette loi renonce à l’ambition scolaire pour tous. Les premières victimes en seront les jeunes les plus en difficulté.

Des propositions alternatives ont été formulées. Il aurait suffi au ministre d’écouter les personnels et les usagers de l’école. Face à l’attachement des personnels, parents et élèves à une école démocratique, et à leurs mobilisations, François Fillon a fait passer sa loi en utilisant au Parlement la procédure d’urgence pour limiter les débats et imposer une mise en œuvre de sa loi dès la rentrée 2005.
C’est un nouveau déni de démocratie.
Cette loi s’inscrit dans la stratégie libérale énoncée au sommet européen de Lisbonne qui met l’Education au service d’une « économie hautement compétitive ».
Aucune référence n’est faite aux inégalités économiques croissantes, ni à la nécessité de garantir une plus grande mixité sociale pour favoriser la réussite de tous.
Au contraire, l’Etat se désengage de ses responsabilités : éducation prioritaire et école maternelle sont menacées. La responsabilité de la réussite ou de l’échec est transférée exclusivement à l’élève, ses enseignants, ses parents.

Cette loi répond à une double exigence d’adaptation :
. de l’école aux restrictions budgétaires,
. des niveaux de formation et de qualification aux besoins économiques.

- Les critères de rentabilité pèsent davantage sur le système éducatif.
Les suppressions massives d’emplois vont se poursuivre.
Les techniques manageriales infiltrent l’école : pilotage du système par les « contrats d’objectifs », obligation de résultats, recherche de la performance remplaçant la pédagogie, individualisation à tous les niveaux. Le mérite revient en force pour les élèves comme pour les personnels.

 La fonction économique prend le pas sur la fonction éducative.
Partant de la théorie des « talents », largement médiatisée par J-Pierre Raffarin et son « intelligence de la main », gouvernement et Parlement renoncent à l’égalité de la scolarité obligatoire pour tous et adaptent l’école aux prétendues « différences » de chacun.
Un socle commun minimaliste et utilitariste permet de renforcer, dès le collège, des parcours dérogatoires et d’effectuer un « tri social » des élèves vers des voies de formation hiérarchisées.
Nous réaffirmons notre opposition à l’extension tous azimuts de l’apprentissage programmé dans le cadre du plan Borloo qui s’inscrit dans cette même logique de tri social et notre attachement à la voie professionnelle sous statut scolaire.
Pour la première fois, l’Etat prend la décision d’entériner les inégalités scolaires et de les utiliser pour répondre à des besoins économiques particulièrement ciblés.
C’est un pas de plus vers le renoncement à éduquer, un pas de plus vers l’école libérale qui forme l’individu, en priorité dans sa dimension de salarié.
Le MEDEF a bien accueilli cette loi conforme à sa conception de la société.

Pour les personnels, l’addition est lourde.
Ce sont des missions élargies, des tâches alourdies : remplacement, bivalence, services partagés, enseignements réduits dans le second degré, polyvalence accrue dans le premier.
Pour tous, prise en charge, sans formation ni moyen, du handicap, de la difficulté, du soutien...
La pédagogie est encadrée, les équipes pédagogiques dévalorisées, la hiérarchie renforcée !
Conformisme, formatage, autoritarisme sont réhabilités.
Le ministère veut transformer notre métier : de la conception, nous passerions à l’exécution de « l’action éducative » définie par le « Haut Conseil de l’Education ».
C’est une formidable dévalorisation de notre éthique professionnelle !

Aujourd’hui, le ministère est dans la phase d’élaboration des décrets d’application de la loi.
Les projets arrivent. Tous les statuts sont menacés et le ministre a annoncé que tout serait réglé le 7 juillet.

Les délégués du 5ème congrès décident du principe d’une journée nationale d’action
courant juin et mandatent la direction de l’Union pour faire cette proposition aux autres organisations syndicales

Port Barcarès, le 13 mai 2005