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Education : ce n’est pas le moment de lâcher le morceau !

lundi 24 novembre 2008, par CGT Educ’Action 94

Éducation, ce n’est pas le moment de lâcher le morceau

Justifier des réformes comptables en les travestissant sous des oripeaux pédagogiques est l’exercice préféré de Xavier Darcos. Mais le ministre a atteint les limites de sa méthode et il ne convainc plus personne. Qui pourrait imaginer sérieusement une école de la réussite sans adultes, sans moyens ?

Incontestablement, les syndicats enseignants, étudiants, lycéens ont réussi la mobilisation du 20 novembre avec des taux de participation à la grève très importants et des défilés massifs dans les grandes villes. Ils demandent un autre budget (celui de 2009 prévoit 13 500 suppressions de postes), le maintien des Rased (maîtres spécialisés contre l’échec scolaire), le respect de l’école maternelle, un « véritable dialogue social » ainsi qu’une autre réforme du lycée.

Ils étaient 40 000 à Paris, 20 000 à Bordeaux, 11 000 à Marseille, 10 000 à Lyon, 10 000 à Toulouse et à Nantes, ou encore 9 000 à Grenoble, 6 000 au Mans. Du point de vue de la participation à la grève, là encore, succès pour les syndicats qui ont recensé dans les écoles primaires, 69%des enseignants en grève. Dans les collèges et lycées, ils étaient plus d’un sur deux à avoir arrêté le travail.

Reste que le ministre de l’Éducation a choisi une posture pour le moins curieuse. Il manie le mépris en brocardant les syndicats « dont la fonction principale » est selon lui « la résistance au changement », estimant qu’« organiser de manière systématique » des grèves comme « réponse aux problèmes de l’école » était « démodé » ; Les syndicats justement doivent se revoir lundi pour examiner les suites de cette journée. Mais il est aussi obligé de tenir compte de la puissance de la mobilisation, quitte à n’en retenir que quelques fragments pour ne pas remettre en cause l’ensemble de sa politique. « J’entends évidemment la grève, j’entends les manifestations, je ne suis ni sourd ni aveugle. (...) Et je vois bien qu’il faut que nous retrouvions des moyens de nous parler différemment, puisque les protocoles que nous signons ne suffisent pas », a déclaré Xavier Darcos qui a promis de « continuer à rencontrer » les syndicats du primaire qui lui ont donné cinq jours pour ouvrir des négociations à défaut de quoi ils lanceront de nouvelles actions.

La puissance et la détermination de ce mouvement dans l’Éducation témoigne d’une exigence forte vis-à-vis de l’État. Dans une période de crise économique et sociale qui promet d’être longue (on parle de trois années) et dure, l’Éducation et la Recherche devraient être les premiers investissements. Evidemment, pour un gouvernement libéral et réactionnaire, c’est tout le contraire. La crise justifie de toujours dépenser moins, ouvrir toujours plus les marchés au privé. Mais c’est une hérésie sociale autant qu’économique.

D’ailleurs le gouvernement et le patronat savent bien vendre les qualifications des jeunes Français lorsqu’il s’agit de promouvoir l’investissement en France. C’est ainsi que dans un document intitulé « 10 bonnes raisons d’investir en France » de l’Agence française pour les investissements internationaux on peut lire que notre pays est le deuxième dans l’OCDE pour le nombre de diplômés supérieurs en sciences, très loin devant les États-Unis, la Suède, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… Ce n’est donc vraiment pas le moment de se contenter de savoir « lire, écrire, compter ».

Sommaire : Téléchargez la lettre de l’UGICT CGT ci contre

- Emploi des cadres : l’APEC s’inquiète de la baisse des embauches
- Jeunes diplômés : effondrement des offres d’emploi
- Fonction publique territoriale : la CGT appelle à la grève le 26 novembre
- Hôpitaux : grève des urgentistes à partir du 1er décembre
- Besançon : crainte pour l’emploi et les RTT au CHU
- Psychiatrie : contre le fichage et la rétention de sûreté
- Milan presse : grève votée contre le plan social
- Groupe les Échos : projet de fusion des rédactions au sein des titres
- Journalistes pigistes : le SNJ-CGT ne signera pas un accord en recul
- Audiovisuel public : un projet de loi aux conséquences désastreuses
- Fonction publique : la CGT dénonce l’évolution du compte épargne-temps