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La CGT 94 interpelle le préfet, le MEDEF, la CCIP, la Banque de France 94, et les banques du Val-de-Marne

samedi 8 novembre 2008, par CGT Educ’Action 94

Madame, Monsieur,

La direction de l’Union Départementale des syndicats et sections syndicales CGT du Val-de-Marne constate la profondeur et les conséquences de "la crise financière" sans équivalent, accompagnée d’un début de récession et d’une forte remontée du chômage, menaçant d’aggraver brutalement la situation économique et d’ajouter au recul du Pouvoir d’Achat, de nouvelles conséquences sociales dramatiques générant une anxiété grandissante parmi les salariés du Val-de-Marne à propos de l’avenir.

Les années de libéralisme économique, privilégiant la rentabilité financière au détriment du progrès social et du développement humain nous ont conduites à l’impasse dont nous subissons les conséquences.

Durant cette période, gouvernements et patronat ont privilégié la rémunération des actionnaires plutôt que l’augmentation des salaires.
De concert, ils ont développé la précarité, la flexibilité, porté de graves coups aux services publics, à nos systèmes de protection sociale, de santé, de retraites.

Depuis trop longtemps, quelques multinationales, en quête de meilleur profit pour leurs actionnaires, imposent aux PME –TPE de se soumettre à leurs impératifs ou de disparaître.

Les salariés n’ont aucune raison de s’en remettre à ceux qui les ont conduits là où nous en sommes aujourd’hui pour trouver les bonnes solutions et empêcher une régression sociale de grande ampleur.

Légitimement, les salariés veulent compter sur eux-mêmes et leurs organisations sociales pour imposer la construction de nouvelles protections pour eux-mêmes et leurs familles, de meilleures conditions vie et de travail, une augmentation des salaires et des retraites, des services publics accessibles et de qualité.

En France, 400 Milliards d’Euros d’argent public sont affectés au sauvetage des banques et des entreprises. Les salariés expriment un profond et légitime sentiment d’injustice et refusent d’être victimes de la "double peine" comme contribuables et comme salariés licenciés, surexploités.

La CGT demande l’organisation, dans les plus brefs délais, d’une table ronde réunissant l’ensemble des représentants syndicaux des salariés, ceux du Patronat, le représentant de l’Etat, ceux de la CCIP 94 et les dirigeants départementaux des banques et organismes financiers qui agissent dans le département du Val-de-Marne.

Dans cette négociation, nous voulons :

Etre informés sérieusement sur l’état de la situation des entreprises, leurs besoins de financement liés aux conséquences de la crise financière et vérifier que chaque Euro public (les 400 Milliards) va bien :

- Au maintien et au développement de l’activité économique ;
- à l’investissement productif, à la protection de l’emploi en CDI et à la résorption des précarités ;
- à l’exercice normal des Négociations statuant sur des augmentations générales de salaires à la hauteur des besoins sociaux urgents.

Que des dispositions soient prises pour interdire des licenciements dans les entreprises affichant des bénéfices. Il est scandaleux que les actionnaires s’octroient des rémunérations extravagantes devant imposer des licenciements.

Une telle situation ne pouvant que générer des explosions sociales des plus légitimes, la CGT sera aux cotés des salariés.

Que le secteur bancaire s’engage à convoquer les familles victimes de prêts à taux variables afin de leurs proposer de nouveaux crédits à taux fixes et compatibles avec leurs possibilités financières.

Mesdames et Messieurs, vous l’aurez compris, avec les salariés, la CGT n’a pas l’intention de subir les évènements.

Nous avons la ferme volonté d’agir pour que les mêmes causes ne se reproduisent pas. C’est tout le sens de notre exigence de transparence dans le diagnostic de l’état réel des entreprises, de la bonne affectation de l’argent public ainsi que les conditions de remboursement de la part du patronat.

Dans l’attente de prendre connaissance de vos intentions et vos invitations à installer cette table ronde,

Cordialement,

DUPONT Frédérique
Secrétaire générale
de l’Union Départementale CGT Val-de-Marne

Créteil le, 3 novembre 2008