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L’éducation coûte cher… mais essayez donc l’ignorance !

Billet du 20 octobre de l’UGICT CGT, sur le site de l’UGICT

mardi 28 octobre 2008, par CGT Educ’Action 94

Sur le site de l’Union des Ingénieurs Cadres et Techniciens de la CGT

80 000 personnes, enseignants, personnels de l’Éducation, universitaires, parents, lycéens et étudiants ont défilé dimanche à Paris, sous le soleil et dans la bonne humeur, pour exiger du gouvernement d’investir dans l’Éducation à l’heure de la crise, au lieu de supprimer des postes

Il y a dans le beau succès de cette mobilisation qui a réuni deux fois plus de monde que la précédente en mai un signe adressé à l’exécutif. La question de l’Éducation reste ultra sensible pour tous les Français. Au point qu’un dernier sondage avant cette manif lui accordait la sympathie de 70 % des personnes interrogées.

Comme La Poste ou les hôpitaux, le service public de l’Éducation est cher aux citoyens. Alors que le gouvernement n’a que des arguments comptables pour justifier la suppression de dizaines de milliers de postes et qu’il multiplie les offensives idéologiques contre le service public, cette mobilisation témoigne non pas d’une frilosité face à des réformes, mais bel et bien d’une opposition au contenu, aux méthodes et aux finalités des réformes conduites par Nicolas Sarkozy et sa majorité.

Opposer aux syndicats d’enseignants que ces derniers ne veulent parler que d’effectifs et non de qualité est une imposture. L’Éducation, l’enseignement, la recherche sont des activités où la plus value est humaine. Il n’y a pas de qualité sans proximité, sans petits effectifs, sans pluridisciplinarité, sans aide et soutien, sans encadrement. Il faut une sacrée « foi » républicaine pour se coltiner ce beau métier d’enseigner dans les conditions difficiles d’aujourd’hui.

Prétendre comme les libéraux et leur champion que l’école doit se résumer à beaucoup d’autorité et de sanction pour formater des cerveaux avec ce qu’il faut de « savoir compter », « savoir lire », c’est le degré zéro de la pensée. Prétendre que l’école ne doit faire qu’enseigner et qu’elle ne doit pas se substituer aux parents qui doivent éduquer procède d’une vision réactionnaire, étroite.

Cette opposition factice ne mène à rien. Il est impossible de faire l’un sans l’autre. Alors, dans un monde où les inégalités se creusent, où la désespérance sociale grandit, où le « vivre ensemble » se détricote, l’école doit être plus que jamais le lieu où l’on se donne tous les moyens pour corriger ces déficits républicains.

Oui, il faut accepter l’idée qu’avait compris Abraham Lincoln : « l’Éducation coûte cher », mais l’illustre président États-Unien avait aussi compris que l’ignorance était bien plus coûteuse. Cela étant, dans son propre pays, le système éducatif a depuis bien longtemps fait faillite et c’est dans ce chemin là que nous entraîne ce gouvernement. « L’école est finie, Acadomia pour tous ? » scandaient des manifestants à Paris ce dimanche.

Pour nous, la question ne se pose même pas. Dans ces temps de crise économique, l’Éducation est la dépense qu’il faut faire de toute urgence pour préparer l’avenir. Ce n’est pas la voie choisie, mais cette majorité devrait prendre garde. Car bien des observateurs ont pointé les ferments d’une crise sociale majeure dont on a d’une certaine manière connu quelques « apéritifs » avec les émeutes. Une Nation qui prive d’avenir sa jeunesse se prépare des jours douloureux.