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Demande d’audience et d’éléments concernant la violence dans les établissements scolaires

CGT Educ Action Créteil

lundi 20 octobre 2008, par CGT Educ’Action 94

vendredi 17 octobre 2008

Monsieur le Recteur,

Nous souhaitons nous entretenir avec vous concernant la violence dans les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) de l’académie de Créteil. Nous souhaitons par ailleurs avoir des éléments chiffrés et comparatifs sur les actes de violence dans ces établissements. La violence devient un fléau insupportable dans trop d’établissements scolaires. Les personnels et les élèves en sont les premières victimes. La sécurité des personnes et des biens devient une revendication légitime des personnels et des élèves de plus en plus affirmée. C’est pourquoi nous sommes intervenus à plusieurs reprises en ce début d’année afin de soutenir les revendications de personnels en lutte suite justement à des actes de violence.

Par la CGT-Educ’action Créteil, la violence qui se développe dans ces établissements est largement la conséquence des économies budgétaires décidées par le gouvernement en dehors de toute logique éducative : la charge de travail inacceptable des personnels et le manque de personnels formés et spécialisés qui en découlent ne permet pas de gérer au mieux les situations difficiles. Par ailleurs, nous avons pu constater et déplorer l’existence d’administrations locales impuissantes voire passives et incapables de répondre aux demandes des personnels enseignants, de vie scolaire, des personnels non-enseignant, des familles et des jeunes plus largement. La CGT-Educ’action Créteil, sollicitée, est intervenue pour que les personnels soient entendus et que leurs revendications soient satisfaites.

Nous souhaitons donc être reçus en audience et disposer de données chiffrées. Nous souhaitons que cet échange se fasse sans préjugés : les médias entretiennent avec délectation un climat de tensions et de peur qui ne correspondent pas toujours à la réalité (voir la une du journal Le Parisien du 15 octobre 2008). En même temps, le gouvernement tend à vouloir étendre des mesures liberticides avec comme justification essentielle la violence des mineurs. Nous ne pouvons pas, au niveau de la seule l’Education Nationale, régler ce problème : l’école n’est pas un sanctuaire. Mais nous pouvons, tous ensemble, réfléchir et discuter pour trouver des solutions qui dépassent les discours caricaturaux et sécuritaires.

Une rencontre avec plusieurs services du rectorat en janvier 2007 sur cette problématique avait permis de mesurer la réalité, avec le témoignage de collègues de plusieurs établissements. Malheureusement, cette rencontre a été marquée aussi par une absence dramatique de réponses adaptées aux situations de violence scolaire et l’absence de données chiffrées précises.

Vous trouverez ci-dessous un extrait du courrier que nous avions envoyé à Monsieur le Recteur Saint-Girons, courrier qui reprend les 5 axes particuliers que nous souhaitons voir développer lors de notre rencontre :

« Pour la CGT-Educ’action, cinq domaines doivent être traités sans tarder.

1°/ La satisfaction des besoins liés autour de la Vie scolaire par la création d’emplois supplémentaires. L’emploi de personnels formés, aux compétences reconnues, est une exigence incontournable. L’animation, la nécessité de favoriser et de développer une vie interne collégienne ou lycéenne dans les établissements exigent des mesures concrètes en personnels et en espaces dédiées à ces fonctions. Depuis la disparition programmée des MI/SE, nous notons une dégradation constante des emplois de Vie scolaire. La multiplication des personnels d’encadrement à statuts multiples génère des disparités problématiques. Le recours aux contrats aidés n’est pas une réponse adaptée aux besoins de la Vie scolaire. C’est pourtant la seule réponse, mis à part la mise en œuvre d’un audit, qui est souvent proposée aux personnels par vos collaborateurs sur les revendications liées à la vie scolaire.

2°/ L’arrêt de la remise en cause constante des possibilités de travailler en petits groupes ou en classes "dites dédoublées" et la diminution des effectifs par division en collège et en lycée. La multiplication des incidents observés dans de nombreux établissements, principalement en classe entière, l’atteste. La politique actuelle de suppression d’emplois d’enseignants "tourne le dos" à l’exigence de résultats scolaires et génère une augmentation constante des problèmes d’insécurité dans les classes. La "chasse" aux économies budgétaires sur les moyens et emplois d’enseignement ainsi que de la vie scolaire conduit à une impasse pédagogique et éducative.

3°/ Le retour à la sérénité dans les établissements scolaires. L’inclination, trop souvent observée, au recours à une politique du tout sécuritaire, ne doit pas se développer à l’intérieur des lieux scolaires sous peine de dérapages et de conflits multiples.

4°/ La prise en compte de la réalité du travail de tous les personnels des établissements. Les pressions de travail exercées sur les personnels non enseignants, toujours en nombre insuffisant et mal remplacés, dans un climat subi de décentralisation des missions et des emplois des TOS, sont intolérables. Nous demandons la reconnaissance minimale de la continuité pédagogique dans l’établissement de l’emploi des collègues contractuels et/ou vacataires sur des emplois vacants ou suppléances en continuité.

5°/ Le rôle du chef d’établissement. Les difficultés de gestion de la vie scolaire et les complexifications administratives développent une forte tension sur les chefs d’établissement, en surcharge de responsabilité. Cette tension rejaillit négativement sur l’ensemble des personnels. et conduit à un autoritarisme renforcé observé dans plusieurs établissements. Cela génère de trop nombreux conflits en interne qui se révèlent aussi à l’extérieur. Des actions et des recommandations sont à mettre en œuvre pour enrayer les crispations et éviter les conflits entre personnels. »

Nous souhaitons enfin voir aborder la question des Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM), et en particulier sur le prochain qui s’ouvrira dans notre académie à Meaux-Chauconin. Le gouvernement a décidé d’incarcérer dans ces EPM des mineurs dès l’âge de 13 ans. Ces jeunes se verront dispenser des enseignements. Nous souhaitons avoir des précisions sur les enseignants qui y seront affectés, sur les enseignements qui seront dispensés à ces jeunes et sur la formation prévue pour les enseignants.

En vous remerciant de nous accorder une audience sur cette question, veuillez agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de nos salutations distinguées

Matthieu BRABANT

Secrétaire Académique