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Lettre au recteur : point sur la rentrée scolaire 2008 !

CGT Educ Action Créteil

dimanche 12 octobre 2008, par CGT Educ’Action 94

Lettre au recteur : point sur la rentrée scolaire 2008

Monsieur le Recteur,

Nous avons lu avec intérêt votre lettre de rentrée du 8 septembre 2008 adressée aux professeurs des lycées professionnels et sections d’enseignement professionnel. Nous avons souhaité vous faire part de quelques observations à ce sujet mais aussi formuler une demande d’audience sur un bilan de la rentrée 2008 élèves et personnels.

Vous tenez à souhaiter particulièrement la bienvenue aux collègues néo-titulaires dans votre lettre. Vous rappelez à cette occasion la formation et les deux heures de décharge dont ils bénéficient.

Nous souhaitons formuler nos remarques au delà de la seule dimension des Lycées Professionnels et Sections d’enseignement professionnel des lycées. Nous tenons tout d’abord à vous rappeler que nous avons constaté une grande disparité sur les affectations et le temps réel de service hebdomadaire de ces collègues. Ce constat d’ailleurs n’a pas été remis en cause par le DRH lors de la rencontre intersyndicale du 10 septembre. Ainsi leur affectation prévisible sur un temps de service à 16 heures s’est concrètement traduite pour nombre d’entre eux par un emploi du temps à 18 heures dont deux heures supplémentaires et parfois même davantage. Il est vrai que leur affectation à l’issue du mouvement intra et de la phase d’ajustement, sur des postes à 18 heures y compris avec complément de service laissait présager une telle situation. En conséquence, les chefs d’établissements n’ont pas obligatoirement proposé un emploi du temps à 16 heures aux néo-titulaires nommés dans leur établissement qu’ils soient à titre définitif ou provisoirement pour l’année scolaire comme TZR.

La proposition de diminution hebdomadaire de leur temps de service dans un nouvel emploi du temps négocié est loin d’avoir été généralisé à l’ensemble des néo titulaires venant des IUFM.

De plus, l’affectation de ces collègues sur plusieurs établissements, soit en complément de service, soit en service partagé sur 2 établissements, mérite une attention toute particulière pour améliorer leur situation d’emploi et de formation.

La CGT-Educ’action revendique une réelle possibilité offerte à tous les collègues néo-titulaires d’une diminution effective de leur temps de service hebdomadaire compte tenu de la poursuite de leur formation initiale.

Pour les collègues nommés à titre définitif au mouvement Intra-académique mi-juin, il appartient aux chefs d’établissement et aux services du rectorat de rectifier et compenser le ou les postes concernés.

La répercussion sur le service diminué d’enseignement proposé au néo titulaire devrait se faire en concertation avec l’équipe pédagogique concernée et le ou les collègues néo –titulaires.

Pour les collègues néo titulaires TZR participant à la phase d’ajustement en juillet , il serait possible avec une volonté rectorale de retenir des supports provisoires limités à 16 heures maximum ( voire moins) pour affecter les TZR néo titulaires qui doivent poursuivre leur formation.

Le principe global de ces affectations étant de ne pas générer automatiquement la possibilité d’HSA, qui plus est peuvent s’accumuler avec des HSA complémentaires proposés par l’établissement .

Nous regrettons qu’à l’occasion de cette rentrée scolaire, cette mesure n’ait pas été pleinement mise en œuvre.

Par ailleurs, nous souhaitons insister sur une entrée dans le métier particulièrement difficile pour M. Rodolphe JUGE que vous aviez décidé de suspendre de ses fonctions avant même une décision pénale éventuelle.

La 24ème chambre correctionnelle de Paris ayant relaxé M. Rodolphe JUGE le 24 septembre 2008, le procureur lui-même demandant la relaxe dans une plaidoirie très dure contre l’accusation, nous espérons vivement que vous saurez aider M. Rodolphe JUGE dans son entrée dans le métier en lui rendant tous ses droits et en réparant les préjudices causés.

L’audience du 29 septembre 2008 avec le DRH a certes permis d’entrevoir des solutions adaptées aux préjudices mais qu’il faut maintenant acter.

Vous tenez ensuite à évoquer la question du socle commun des connaissances et des compétences.

Nous notons surtout que vous insistez dans le cadre de la REUSSITE sur l’orientation par l’échec des élèves vers la voie professionnelle puisque un certain nombre de ces derniers n’aurait pas atteint les exigences du socle.

La CGT-Educ’action revendique une seconde de détermination ouverte vers les 3 voies du lycée. Nous avons bien noté et nous le regrettons que la réforme des lycées et de la seconde générale en particulier fasse l’impasse totale sur la voie professionnelle.

Vous vous arrêtez sur le dispositif « réussite scolaire ».

Ce soutien scolaire public et gratuit répond à un besoin objectif. La difficulté réside à proposer des dispositifs véritablement adaptés au public élève souhaité.

Pour en être convaincu de la pertinence des dispositifs actuels retenus , nous souhaitons avoir un bilan plus précis sur cette question alors même que nous constatons une inflation des cours privés et payants sur le thème de la réussite scolaire.

Néanmoins, nous notons que ce sont souvent les élèves qui n’en n’ont pas vraiment besoin qui en bénéficient. Les élèves les plus en difficulté, en rupture souvent avec l’institution scolaire ont beaucoup de mal à accepter un temps de présence accru de leur temps scolaire. Cela renvoie naturellement à la capacité de l’institution scolaire public à proposer dans le temps "normal" d’enseignement de la classe des dispositifs et conditions d’enseignement nécessaires à leur réussite scolaire. Le lien avec le groupe classe et ses enseignants nous semble indispensable à préserver pour la réussite scolaire de tous les élèves. Enfin, nous sommes d’autant plus opposés à l’externalisation généralisée de la difficulté scolaire au moment où réformes et suppressions de postes ne permettent pas aux enseignants d’assurer pleinement leur travail durant le temps scolaire.

Pour la CGT, la réussite scolaire des élèves qui peut conduire à un accompagnement éducatif d’une partie d’entre eux ne peut se résumer à une externalisation des dispositifs de remédiation et de suivi personnalisé hors du groupe classe et de ses enseignants.

L’usage des TICE retient particulièrement votre intérêt.

De fait nous soutenons et participons à toutes les innovations pédagogiques qui pourraient permettre de faire reculer les inégalités sociales et scolaires. Dans cet objectif, nous revendiquons de véritables moyens pour développer les TICE, moyens matériels et humains. Il est pour nous illusoire de faire reposer le développement des TICE sur la seule bonne volonté d’enseignants chevronnés.

Nous souhaitons par ailleurs que le développement indispensable des TICE dans les établissements ne soit pas une nouvelle occasion d’une marchandisation éhontée ouverte aux entreprises privées.

C’est pourquoi nous soutenons par exemple une association comme Sésamath, qui se réclame du Service Public d’Education, face à une entreprise privée telle que Paraschool.

Dans cette logique, le soutien à toutes les expérimentations doit être encouragé, dans le cadre du respect des statuts et des droits des personnels ainsi que la notion de service public .

Vous insistez par ailleurs sur la généralisation du bac pro en 3 ans.

Nous ne partageons pas votre analyse sur le bilan de l’expérimentation actuelle qui demeure incomplet et largement mitigé selon les filières et établissements. De même, nous déplorons que l’institution ait fait l’impasse de manière délibérée sur les conclusions des rapports d’observation 2003 et 2004/2005 dressés par l’inspection générale sur l’expérimentation bac pro 3 ans.

Nous avons à plusieurs reprises réaffirmé notre opposition à la généralisation du bac pro en 3 ans et à la suppression du BEP 2 ans dans plusieurs filières d’établissements.

Par contre, nous demeurons toujours favorables au bac pro 3 ans dans le cadre d’un nouveau parcours diversifié ouvert aux élèves de troisième comme de seconde indifférenciée.

La suppression d’une année de formation ne peut se faire sans conséquences dommageables sur un parcours 4 ans réduit à 3 ans pour la professionnalisation du diplôme et pour un public conséquent d’élèves.

La CGT-Educ’action est par ailleurs attachée à ne pas enfermer le débat actuel sur la seule voie professionnelle des lycées et a milité pour lier rénovation de l’enseignement professionnel et rénovation des deux autres voies, générale et technologique des lycées. D’abord parce que la réforme de l’enseignement professionnel proposée par le ministre aura des incidences sur la voie technologique voire générale et ensuite parce qu’à la CGT-Educ’action nous avons des propositions qui ne séparent pas la voie professionnelle des autres voies du lycée. La réforme en discussion actuellement annoncée du lycée ne correspond pas à cette dernière exigence.

L’orientation en fin de 3ème vers la voie professionnelle pourrait en effet résulter d’un choix libre et réfléchi des jeunes vers une formation qualifiante de niveau V (BEP, CAP) débouchant bien sûr sur le Bac professionnel mais aussi technologique.

Parallèlement, la CGT-Educ’action se prononce pour qu’une orientation positive en fin de seconde de détermination des lycées se fasse sans exclusive vers les voies générales, technologiques et professionnelles. Notre proposition de seconde GT ouverte à la voie professionnelle part d’un constat positif sur les élèves redoublants réorientés vers la voie professionnelle après une seconde dite indifférenciée.

Il nous semble que cela peut participer des dispositifs sur l’accompagnement des élèves pour une orientation positive en lycée à mettre en œuvre.

Nous ne pouvons que réitérer notre inquiétude la plus grande sur "la volonté réelle de rénovation" du ministère dans une période de suppressions massives d’emplois dans l’Education Nationale et dans la « généralisation de l’expérimentation du bac pro en 3 ans. » mis en œuvre à la rentrée 2008.

Vous mettez en avant l’accueil des élèves handicapés.

Nous tenons à vous rappeler la situation délicate et parfois insurmontable créée dans les établissements par l’arrivée importante de scolarisation des élèves avec handicap dans les établissements du secondaire comme du primaire sans les conditions minimales requises pour leur accueil par les équipes éducatives. Le manque d’effectifs et de formation des AVS, le manque de profs référents, de suivi en établissement de soins et de liaison avec la MDPH (maison départementale du handicap) est patent et ne peut être comblée par l’octroi seul d’emplois supplémentaires d’AVS qu’il faut recruter mais aussi former dans un contexte déjà insuffisant de formation et de qualification, de garanties statutaires et de valorisation salariale. !

Enfin, à juste titre et le quotidien nous le rappelle trop souvent, la lutte contre la violence et les discriminations qui en résultent méritent une analyse et des propositions concrètes d’urgence avec dse moyens supplémentaires notamment dans le Secteur Vie scolaire des établissements. Cette question demeure un enjeu fort pour notre académie et les conditions de" sa réussite scolaire .

Nous formulons une demande d’audience sur le bilan de la rentrée 2008 concernant l’emploi des personnels ( enseignants et non enseignants, vie scolaire, personnels de direction…), l’accueil et le bilan d’orientation des élèves y compris avec Handicap ( 1er degré, collèges , lycées et LP). Dans ce dernier point, l’accueil en Bac Pro 3 ans et en BEP 2 ans à la rentrée 2008 réclame une analyse plus détaillée par filière de métiers.

En vous remerciant de répondre à cette demande, veuillez agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de nos salutations distinguées

Matthieu BRABANT

Secrétaire Académique CGT Educ’Action