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Communiqué de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) : L’heure est venue !

mercredi 1er octobre 2008, par CGT Educ’Action 94

L’heure est venue

Bruxelles, le 30 septembre 2008 : La controverse politique au sein du Congrès américain concernant le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars peut bien refléter l’indignation et la colère des travailleurs et des travailleuses aux quatre coins du monde, qui voient leurs taxes utilisées pour renflouer ceux dont l’avidité, l’irresponsabilité et les abus ont entraîné les marchés financiers du monde au bord de la faillite, faisant planer le spectre de la récession mondiale.

Cette situation a également approfondi une crise qui menace les emplois, le logement et le futur de milliards de personnes – qui n’ont jamais tiré profit des années d’excès, dont le travail a été sous-payé et dégradé et qui ne sont guère responsables des changements actuels.

En examinant le gouffre auquel ils ont contribué, les responsables politiques prennent conscience de la nécessité de réglementer l’économie mondiale et de l’obligation des gouvernements d’assumer enfin les responsabilités auxquelles ils ont renoncé depuis longtemps – à savoir établir des règles pour les marchés, protéger les citoyens et subvenir à leurs besoins, et œuvrer pour assurer des résultats socialement équitables et durables.

Ce réveil s’avère tardif ; toutefois, s’il n’est pas qu’une préoccupation passagère pour étendre le feu se propageant sur les marchés financiers qui menace d’engloutir l’économie réelle, il ne peut qu’être accueilli favorablement. En effet, seulement en brisant la tradition de rester dans le sillage des intérêts financiers, en abandonnant leur complicité dans la création d’inégalités massives et croissantes, et en mettant fin à leur participation à l’avidité et aux excès des entreprises, les gouvernements peuvent se reconnecter à la réalité de la vie des familles qui travaillent, et commencer à assurer la gouvernance et à répondre aux questions de ces dernières.

La tâche immédiate consiste à répondre de manière décisive et efficace à la crise financière en assistant ses victimes, mais sans récompenser ses auteurs. Toutefois, la portée du défi à relever va même bien au-delà de cette énorme tâche.

Lors de sa fondation en 2006, la CSI a mis en exergue la nécessité d’un changement fondamental de la mondialisation et s’est engagée à y contribuer.

L’heure est venue d’opérer ce changement.

La résolution de la crise financière doit aller de pair avec une action concertée internationale visant à stimuler les emplois et la croissance afin que le danger imminent de la récession mondiale soit écarté et que les économies suivent les voies d’un développement équitable et durable.

La tâche fondamentale de réglementer les marchés financiers en vue de mettre définitivement fin à l’option d’un retour à la situation antérieure et à une répétition du fiasco d’aujourd’hui doit faire partie intégrante d’un plus large agenda destiné à réorganiser la gestion de l’économie mondiale.

Les déséquilibres qui sont à l’origine de la chute ou de la stagnation des salaires réels, parallèlement à l’enregistrement de bénéfices record par les capitaux, doivent être rétablis. Les droits d’organisation et de négociation, reconnus à l’échelle internationale, doivent être appliqués dans le monde entier afin que les travailleurs/euses puissent influer réellement sur leur vie et leur avenir. L’agenda sur le commerce, qui se retrouve dans l’impasse du cycle de Doha, ne peut en sortir que s’il se fonde sur les impératifs du travail décent, du développement, des droits et de l’équité. La communauté internationale est également confrontée à l’obligation inévitable d’élaborer rapidement un plan efficace visant à lutter contre les changements climatiques, dans la mesure où un échec aurait des conséquences bien plus désastreuses que celles d’un effondrement financier.

Au fond, le modèle de mondialisation, qui a régné en maître absolu pendant plus de deux décennies, se retrouve discrédité. Toutefois, son échec nous permet de jeter les semences d’un changement fondamental.

La CSI exhorte tous les gouvernements à saisir cette occasion et à œuvrer avec courage, prévoyance et sur la base de principes pour replacer l’engagement à promouvoir la justice sociale, le travail décent et la durabilité au cœur de l’élaboration de politiques et comme objectifs centraux et fondements de l’activité économique.

La CSI représente 168 millions de travailleurs/euses au travers de 311 organisations nationales affiliées dans 155 pays et territoires.

http://www.ituc-csi.org http://www.youtube.com/ITUCCSI

Pour de plus amples informations, veuillez contacter le département de presse de la CSI au +32 2 224 0204 ou +32 476 621 018.