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Base Elèves ! Du nouveau : mise en place d’un BNIE et INE...Interconnexions de fichiers !

Liens avec les articles publiés sur le site de la LDH Toulon

vendredi 26 septembre 2008, par CGT Educ’Action 94

Vous comprendrez toutes et tous que malgré les propos de Darcos à l’assemblée : Base Elèves est toujours là... et bien là !

EDVIGE, EDVIRSP... Base Elèves, et tous les autres fichiers informatisés partagés doivent disparaître !


Articles et infos via la LDH Toulon :

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l’avenir radieux : BNIE, répertoire de la jeunesse

Afin de « compléter » la “Base élèves 1er degré”, le ministère de l’Education nationale (MEN) met en place un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé “Base nationale des identifiants élèves” (BNIE). Cette base permet d’attribuer à chaque enfant entrant à l’école un identifiant INE (“Identifiant national élève” – voir cette page) qui le suivra pendant toute sa scolarité.

Quelques documents échangés entre le MEN et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) permettent de constater que nous assistons là au début de la constitution d’un répertoire national d’identification couvrant l’ensemble du système éducatif de la maternelle à l’enseignement supérieur : l’INE devient un “Identifiant national élève-étudiant”, les données pourront être conservées 35 ans…

La constitution de ce répertoire national, qui vise à « améliorer la gestion du système éducatif », aura des conséquences importantes, notamment en rendant possible l’interconnexion avec d’autres domaines (services sociaux... ). C’est pourquoi, la mise en place de BNIE peut à juste titre être jugée scandaleuse ! ( Lire la suite ...)

- Extrait de l’article de la LDH Toulon : base élèves : objection de conscience

Jean Pauly, instituteur depuis trente ans, a fait le choix d’enseigner dans les petites écoles — écoles à “visage enfant” — depuis plus de vingt ans. Il a raconté cette histoire à sa façon dans une série de chroniques qu’il envoyait tous les jeudis d’une année scolaire depuis sa petite classe du Lot...

Confronté à la mise en place du fichier Base Elèves, il rejoint les rangs des directeurs réfractaires et explique sa position dans un texte "Objection de conscience à base élèves" que nous proposons à votre lecture.


Objection de conscience à base élèves

Directeur d’une petite école du Lot, j’ai refusé, comme quelques collègues, de renseigner le fichier Base Elèves qui centralise nationalement les informations sur les enfants des écoles primaires. Pour cela, nous devrions subir une retenue sur le salaire ( !), sanction qui pourrait être renouvelée, voire aggravée, dans les mois qui viennent.

Je n’avais pas jusqu’à présent expliqué ma position, pensant qu’elle était largement partagée par la profession et que la forte émotion exprimée par l’opinion publique à l’encontre de ce projet le condamnerait de facto. Or celui-ci se met en place : si une première fournée de départements (dont le Lot) est rentrée dans les clous en juillet 08, le fichier devra être opérationnel nationalement à la fin de l’année scolaire qui vient.

L’opposition au fichier Base élèves s’est exprimée principalement contre les items à renseigner par les directeurs d’école. Pour cela, elle a oublié le principal : c’est l’existence même d’un fichier central de l’enfance qui est scandaleuse. Base élèves n’est pas un simple outil de gestion statistique à partir du moment où chaque élève est identifié par un numéro. L’administration de l’Education Nationale a petit à petit laissé tomber ses exigences de renseignements concernant la nationalité ou le parcours scolaire de chacun : recul tactique qui permet de préserver l’essentiel. A partir du moment où les élèves sont rentrés dans le fichier, tout est possible, y compris le pire… et il y a lieu de s’inquiéter de cela dans un monde où la vie privée des personnes est de plus en plus difficile à protéger.

J’ai eu l’occasion de dire à mon Inspecteur que j’étais réfractaire à la mise en place du fichier Base élèves par objection de conscience. Je ne peux renier des principes fondamentaux à mes yeux : le respect de l’enfance et le respect des familles.
La multiplication des instruments de contrôle social est déjà très inquiétante… mais élargir ceux-ci à l’enfance est proprement intolérable. Les enfants ne sont pas des citoyens et n’ont pas le statut juridique pour rendre des comptes à la collectivité. Préserver un monde de l’enfance à l’écart de la société des adultes me paraît fondamental. Oublier cela, c’est nous ramener à des précédents historiques qui font froid dans le dos.
La tradition laïque de l’Ecole devrait préserver la séparation entre la vie publique des citoyens et la vie privée des personnes, et par là même l’équilibre entre l’Etat et les familles dans le domaine de l’éducation. Les enfants sont inscrits d’autorité dans le fichier Base Elèves, sans l’autorisation des parents, ce qui me semble un abus de pouvoir…

Beaucoup de directeurs et directrices, de bonne foi, ont renseigné (ou vont renseigner) Base élèves… J’imagine qu’ils ont confiance dans le discours officiel qui présente ce fichier comme un simple outil de gestion. J’y vois aussi le résultat d’un conditionnement à l’œuvre depuis de nombreuses années : une avalanche d’évaluations statistiques accable les écoles et la technocratie éducative fonce tête baissée dans les outils informatiques sans aucune retenue, ni boussole critique. Cette fuite en avant explique en partie, je pense, l’entêtement de l’institution scolaire sur la question.
Voici venir le règne de « l’ingénierie éducative », des experts de la « pédagogie scientifique », des technolâtres et des apprentis sorciers… on en oublierait presque que l’acte éducatif est d’abord un acte d’humanité.

Jean Pauly - 10 juillet 2008
Les chroniques hebdomadaires de Jean Pauly sont maintenant réunies dans « L’année des quarante jeudis », un petit livre paru en mars dernier [1].

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