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Négociations pénibilité : une conclusion bien triste pour le monde du travail

Déclaration CGT

jeudi 17 juillet 2008, par CGT Educ’Action 94

Négociation pénibilité : Une conclusion bien triste pour le monde du travail !

Déclaration de la CGT du jeudi 17 juillet 2008

La CGT est en colère et triste pour les dizaines de milliers de salariés qui pouvaient être concernées par un dispositif de départ anticipé qu’ils attendaient en compensation de leur diminution de leur espérance de vie. A la dernière réunion du 16 juillet (1), le Medef n’est pas venu avec la volonté d’aboutir à un accord.

Le dernier texte proposé est en recul sur un certain nombre de propositions antérieures. C’est le cas notamment de :

• la cessation d’activité anticipée liée à la pénibilité qui était dans le précédent texte et qui a disparu ;

• la réduction du nombre de bénéficiaire qui passe de 42 000 par an (chiffre déjà trop faible) à moins de 10 000, soit un chiffre divisé entre 4 et 5.

De plus, la confirmation pour le salarié de quarante annuités d’activité, le cumul du nombre d’expositions, le principe de la commission médicale pour valider les critères de pénibilité…

Le patronat n’a pas manifesté la moindre intention de bouger ses propositions.

Aucun compromis n’étant possible, le Medef a considéré les négociations terminées.

Quelle va être la suite ?

La négociation pénibilité découlait de l’article 12 de la loi Fillon de 2003 portant réforme des retraites, le gouvernement est donc responsable de la continuité du dossier. S’il s’appuie sur les bases du texte du Medef et/ou du rapport Poisson, nous serons devant les mêmes difficultés.

Il devra prendre en compte :

• la réalité du besoin de réparation face aux mauvaises conditions de travail subies par certains salariés ;

• le besoin d’une véritable politique de prévention.

Aujourd’hui, l’intérêt pour l’employeur n’est pas de réduire la pénibilité :

• il est gagnant quand le salarié travaille sur des emplois pénibles ;

• il est gagnant en raison d’une plus faible espérance de vie de ses salariés, il paye moins de cotisations et aucune pénalisation financière ne l’incite à réduire la pénibilité.

Nous sommes dans un système immoral où l’entreprise peut se reposer sur les pouvoirs publics.

Pour la CGT, ce dossier n’est pas pour autant clos. La Cgt le mettra comme une priorité dès la rentrée et particulièrement lors de la journée du 7 octobre sur le travail décent. Il s’agit de porter cette exigence qui consiste à ce que les salariés puissent bénéficier d’un temps équivalent en retraite en bonne santé. C’est une question de justice sociale.
Montreuil le 17 juillet 2008

(1) la délégation de la CGT était composée de : Jean-Christophe Le Duigou, Mijo Isabey, Eric Aubin, Yves Bongiorno, Jean-François Naton